Thriller

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lundi 9 novembre 2015

STREAM OF DOUBTS

Stream of doubts. De Joseph Catté.
France. 2015. 9 min 51 sec.
Starring : Pauline Helly & Nouritza Emmanuelian.
 

La France a un incroyable talent. Pas besoin de se farcir M6 pour s'en rendre compte. Loin des projecteurs fallacieux de la télé qui refoule, Joseph Catté continue son petit bonhomme de chemin et s'impose tout doucement comme un court-métragiste hors pair (ça se dit court-métragiste ? Oui, me répond mon Petit Larusso illustré). Après le tourmenté Comme une poupée et le burlesque Wasted night, c'est au tour du renversant Stream of doubts de débouler sur la toile. Et autant le dire tout de suite, le film est aussi splendide que le visuel présenté plus haut (et signé Manon Blateau dont vous pouvez admirer le travail sur son tumblr Lasinge). L'histoire débute comme un drame intimiste dans lequel une jeune femme (adorable et déchirante Pauline Helly) verse des larmes sur le vide de son existence. Seule dans sa piaule, elle décide de téléphoner à Écoute Amitié. À l'autre bout du fil, une oreille attentive (Nouritza Emmanuelian) tente de la réconforter. Mais le dialogue va prendre une tournure pour le moins inattendue... La surprise au cœur de Stream of doubts survient à mi-parcours et fait basculer le récit dans une autre dimension. Je vous laisse découvrir la nature de ce twist qui vaut franchement le détour. Rien d'étonnant, vu la créativité et la curiosité avec laquelle Joseph Catté aborde le septième art. Sa formation à l'école ArtFX de Montpellier a fait de lui un pro du compositing (superposition de différentes images à l'intérieur d'un même plan) et l'amène à bosser sur une flopée de longs-métrages (La danza de la realidad de Jodorowsky, la classe quoi), de séries (Braquo et pas Navarro), sans oublier pas mal de clips et de publicités. Du taf qui apporte une réelle expérience à Catté et lui permet d'offrir une belle facture visuelle à son Stream of doubts, un court qui fout la honte à la plupart des longs du cinoche français actuel. Car outre une photographie au top (on dirait du Michael Mann, on ne peut pas en dire autant du dernier Kev Adams), le nouvel effort du Joseph nous serre le palpitant avant de nous retourner comme une crêpe suzette. Au lieu de perdre plus d'une heure et demie devant Les nouvelles aventures d'Aladin, prenez plutôt dix minutes pour mater Stream of doubts. Plus c'est court, plus c'est bon.


Stream of doubts : le sens de la vie selon Joseph Catté.
 


 

12 commentaires:

  1. Tout simple, et vraiment intéressant. Il faut bien le reconnaître, les français sont meilleurs en courts qu'en longs métrages...

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  2. c'est vrai que le visuel de l'affiche est original et donne envie de découvrir l'univers de ce réalisateur de talent visiblement

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    1. Absolument, Alice. Je te recommande, par la même occasion, les deux précédents courts de l'ami Catté : Comme une poupée et Wasted night. De la très bonne came.

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  3. Content de voir que je ne suis pas le seul à avoir été séduit par le dernier court de Joseph Catté! Et comme tu le dis, mieux vaut prêter 10 minutes à Stream of Doubts qu'une heure et demi à Kev Adams...

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    1. Ravi que le film t'ait plu, l'ami ! Effectivement, un court intelligent et original comme Stream of doubts détonne toujours au milieu des nanars à gros budget made in France...

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  4. Je viens de prendre le temps de regarder le court-métrage. J'ai apprécié son concept de film dans le film et l'originalité de l'histoire.

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    1. La mise en abyme proposée par Joseph Catté vaut vraiment le coup d'œil. Merci d'avoir pris le temps de découvrir Stream of doubts entre deux séances du PIFFF !

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  5. Intéressante, et encourageante, découverte ! Merci bien :)

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    1. Je t'en prie, tout le plaisir est pour moi ! Merci à toi pour tes posts sur Google + qui me font régulièrement découvrir les mille et un trésors de L'Imaginarium. Tes chroniques de péloches Bis sont très rafraîchissantes et inspirées ! En outre, tu donnes toujours envie de mater de grosses raretés (I spit on your grave III, Suburban Gothic, Trophy Heads...).

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    2. Toujours incroyablement surpris d'entendre dire qu'on s'intéresse à bon bout de travail. Vraiment merci pour ce commentaire, ça me touche beaucoup.

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    3. De rien, tu le mérites ! Que le Bis soit avec toi !

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