Thriller

Thriller

mercredi 1 juillet 2015

MAGGIE

Maggie. D'Henry Hobson. 
États-Unis/Suisse. 2015. 1h35. 
Starring : Arnold Schwarzenegger, Abigail Breslin & Joely Richardson.


"Elle voit souvent rouge, avec elle ça bouge, Maguy soleil ou bien Maguy larmes, on est sous le charme..." Les nostalgiques qui pensaient découvrir l'adaptation au cinéma de la série Maguy avec Rosy Tarte et Jean-Marc Pied-bot, vont être sacrément surpris. Parce qu'à vrai dire, Maggie (et non Maguy) n'a rien d'une comédie boulevardière où règne l'insouciance et la bonne humeur. Mais alors pas du tout, ce que confirme le pitch qui suit... Une saloperie de virus ravage les États-Unis et transforme les malades en zomblards. Une adolescente, Marguerite "Maggie" Vogel (Abigail Breslin, déjà aux prises avec des cadavres ambulants dans Bienvenue à Zombieland), vient de se faire mordre par un infecté. Son padre, Wade Vogel (Arnold Schwarzenegger), part retrouver sa fille à l'hosto. Le toubib les laisse s'en aller mais prévient Wade : l'état de sa gamine va se détériorer et, avant qu'elle ne perde tout contrôle et ne contamine son entourage, il devra l'envoyer en quarantaine. Mais laisser pourrir Maggie avec les malades en phase terminale n'enchante guère Wade. Il préfère offrir une fin décente à sa progéniture et partager le peu de temps qu'il leur reste ensemble. Pour le meilleur et pour le pire...

Après la comédie zombiesque (Shaun of the dead), l'animation zombiesque (L'étrange pouvoir de Norman) ou encore la romcom zombiesque (Warm bodies), le genre poursuit son métissage avec Maggie, un mélo zombiesque. Encore que l'œuvre d'Henry Hobson (le bonhomme débute ici dans la mise en scène après avoir bossé sur les génériques de films comme Blanche-Neige et le chasseur), n'a d'horrifique que son contexte. Les morts-vivants servent de prétexte à un drame désespéré racontant la tragédie d'un père prêt à tout pour sauver son enfant d'une fin imminente. Cette relation est au centre du script et tous les enjeux convergent vers nos deux protagonistes (Jusqu'où Wade va-t-il aller ? Maggie va-t-elle s'en prendre à ses proches ?). Si l'apocalypse n'est qu'une toile de fond, elle demeure néanmoins un danger réel (cf. l'apparition des voisins zombifiés) et omniprésent (cf. ce décor rural composé de champs brûlés et de bicoques abandonnées). Dans Maggie, la fin du monde se joue surtout en huis clos, au sein d'une famille détruite de l'intérieur. 

Refusant tout compromis entre suspense et psychologie, action et sentiment, gore et émotion, le premier effort d'Hobson évite les étiquettes trop évidentes pour ne jamais dévier de sa voie, ce qui frustrera certainement les fans de The walking dead. Pour autant, impossible de nier la cohérence et le jusqu'au-boutisme de Maggie, dont la trajectoire reste coûte que coûte rivée à son sujet (l'obsession protectrice d'un père face à la maladie incurable de sa fille). En définitive, l'approche intimiste adoptée par le réalisateur et son scénariste (John Scott III, lui aussi débutant selon IMDb) apporte un peu de sang neuf à un genre qui en a bien besoin... Et puis le film n'aurait pas été le même sans la présence en tête d'affiche d'un Schwarzy à contre-emploi (le rôle était prévu au départ pour l'anglais Paddy Considine, vu dans Blitz et Le dernier pub avant la fin du monde). Pour la première fois, le chêne autrichien porte le falzard d'un type ordinaire et accepte de faire son âge à l'écran. Les traits marqués par l'affliction, le comédien se montre crédible en fermier déterminé, courageux mais engagé dans un combat perdu d'avance. Une performance à la fois sobre et touchante au service d'une œuvre aussi radicale dans sa tristesse qu'un Never let me go; et qui mérite d'être défendue, au même titre que les dernières péloches de Big Arnold (Le dernier rempart, Évasion, Sabotage : du bon p'tit B de luxe franchement pas dégueu, yes sir !). 


Schwarzy, seul avec sa pétoire, dans le crépusculaire Maggie... 


17 commentaires:

  1. Je l'ai laissé passer, celui-là. Je me rattraperai en DVD...

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    1. Maggie est passé quasiment inaperçu lors de sa sortie en salle (en mai dernier) et ne fait pas toujours l'unanimité... Mais le film tranche avec ce qui se fait habituellement dans le genre et mérite le coup d’œil, ne serait-ce que pour l'étonnante prestation de Schwarzy. J'espère que le film saura également te convaincre, Séka.

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  2. Je ne pas vu le film mais ton excellente chronique me donne vraiment envie de voir le vieux Schwarzy déambuler l'âme en peine. Tu es un des rares à défendre le film, c'est qu'il doit être bon :).

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    1. Merci Roggy ! C'est vrai, les avis positifs sur Maggie sont assez rares... Pour ma part, j'étais curieux de voir Schwarzy dans un registre dramatique et humain. Et sur ce point, je n'ai pas été déçu ! Pour le reste, c'est une question de sensibilité : soit on est touché et intrigué par le film, soit on trouve ce dernier aussi chiant que plombant...

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  3. Le film ne me tentait pas outre mesure, si ce n'est pour Arnold, mais ta belle chro (comme d'hab' !) me donne envie de tenter désormais! Je pense que lorsque ça passera sur BeTv (le Canal plus belge), je me laisserai tenter par ce drame avec l'Autrichien !

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    1. Merci Rigs ! Tu as bien raison de laisser une chance à ce bien beau film qu'est Maggie. Et puis un Schwarzy, ça ne se loupe pas !

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  4. Désolé mais en voyant Schwarzy avec une hache, je ne peux m'empêcher au prologue de Commando quand il se balade avec un tronc d'arbre sous le bras. Arf.

    Bon ok, il coupe aussi le bras d'un méchant moustachu :-P

    Pouf pouf

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    1. Commando ! Une référence incontournable, Doc ! Difficile de ne pas y penser lorsque l'on évoque le chêne autrichien. Mais dans Maggie, l'acteur ne bouffe pas du zomblard tous les matins au p'tit déjeuner. Les temps ont changé... Tiens, tu m'as donné envie de revoir Commando, maintenant !

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    2. par contre, étant très à cheval sur les aspects capillaires (c'est le fan de Nicolas Cage qui parle) t'avoueras que la couleur du papi autrichien est too much.
      Se faire teindre les cheveux en brun alors qu'il a toujours été châtain... m'enfin ! :-D

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    3. Un scandale, je suis bien d'accord, Doc. Mais c'est parce qu'il le vaut bien. Il est à noter que dans Terminator Genisys, Schwarzy affiche enfin ses cheveux blancs plutôt que sa teinture habituelle...

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  5. Malheureusement par chez moi le film ne semble pas être sorti en salle, ou alors tellement brièvement que je suis passé à côté. Content de voir qu'ils ont opté pour l'intimiste et le touchant plutôt que de se vautrer dans la mode Walking Dead (en sérieux ou en drôle).

    En plus le concept / Schwarzi permet encore une fois de mêler le monde de l'Horreur et de l'Action (pas en terme de style, juste quand l'un vient se promener chez l'autre au hasard des films) ce qui pour un fan d'exploitation comme moi est toujours un petit plus.

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    1. Salut l'ami ! Effectivement, Maggie n'a pas eu la chance de pouvoir s'épanouir en salle... Malgré tout, le film mérite sa petite séance de rattrapage, son concept étant - comme tu le soulignes - digne d'intérêt. Et merci pour ta lecture !

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  6. Toujours pas vu, mais j'aimerais bien découvrir Schwarzy dans un rôle inhabituel et visiblement dans un film de qualité

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    1. Salut Alice ! Maggie est un film à découvrir, surtout si la performance de Schwarzy t'intrigue. Si tu peux le voir, n'hésite pas, tu m'en diras des nouvelles !

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  7. Clairement, je n'en fais pas une priorité non plus. Mais si je tombe dessus, pourquoi pas...

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  8. à Madeleine : et je t'invite à cliquer sur le lien suivant : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/08/18/32155524.html

    Je pense que cela devrait te plaire... Je n'en dis pas plus

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    1. Wow, ta chronique de Thriller, je n'y résiste pas ! Merci pour le lien, je vais te lire de ce pas.

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