Thriller

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samedi 18 juillet 2015

LE TOUR DU MONDE DE FANNY HILL

Jorden runt med Fanny Hill. De Mac Ahlberg. 
Suède. 1974. 1h34.
Starring : Shirley Corrigan, Gaby Fuchs & Christina Lindberg.


Après Inga...bonne à tout faire et Nana, poupée d'amour, continuons de célébrer la fesse suédoise avec le dernier dvd "Sexploitation" de chez Bach Films : Le tour du monde Fanny Hill. Une invitation au voyage qui débute à Stockholm, là où notre héroïne (Fanny Hill of course, interprétée par la très jolie Shirley Corrigan, vue dans La plus longue nuit du diable et Doctor Jekyll y el hombre lobo) s'ennuie dans sa vie de couple avec son mari Roger (Peter Bonke, déjà présent dans le Nana de Mac Ahlberg). Ce dernier, photographe, shoote des bombasses à longueur de journée (parmi lesquelles on aperçoit Christina Lindberg. Ah, Christina... Hum, hum, allez on se calme et on boit frais, hein), ce qui rend jalouse la petite Fanny. Remettant en cause la fidélité de son homme, la nénette songe à divorcer. Mais avant ça, elle veut tendre un piège à Roger et prouver à ses avocats que le bonhomme est bel et bien un gros dégueulasse. Pour arriver à ses fins, Fanny compte sur sa meilleure amie Monica (Gaby Fuchs, bien loin des tourments causés par La marque du diable ou La furie des vampires) pour jouer les nymphos. Si la combine ne marche pas du premier coup, miss Hill finit par foutre publiquement la honte à son compagnon. Séparée de son conjoint et libérée d'un poids, notre conspiratrice de charme peut maintenant réaliser son rêve : accéder au vedettariat en devenant une actrice de renommée internationale. Aux quatre coins du globe, Fanny Hill enchaîne les photos à oilpé et les tournages de péloches libertines. C'est d'ailleurs dans les pages d'un magazine cochon que ce bon vieux Roger revoit son ex-femme. Stupéfait et encore un peu amoureux d'elle, le gus part à la recherche de sa belle blonde...

Après une première adaptation en 1968, Mac Ahlberg renoue six ans plus tard avec Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir, le roman de John Cleland paru en 1749. Moins proche du texte original, cette version de 1974 troque la Fanny Hill du XVIIIe siècle (une orpheline recueillie par une maquerelle fait son éducation sexuelle en devenant une prostituée de luxe) pour une divorcée s'épanouissant en tant que star mondiale de l'érotisme. Déjà très à l'aise dans le drame (Moi, une femme, Nana, poupée d'amour), Mac Ahlberg l'est tout autant dans la comédie comme le prouve ce tour du monde aussi enjoué que polisson. À l'instar des formidables Justine et Juliette et L'emprise des caresses, le cinéaste orchestre avec panache un vaudeville coquin et cocasse, ponctué de situations ô combien rocambolesques. Les tournages font voyager Fanny Hill (Hollywood, Hong Kong, Venise, Munich) et la plonge dans des aventures dignes d'une pièce de boulevard, avec ses gags et ses quiproquos (le classique de l'amant(e) planqué(e) dans le placard, n'est pas oublié). Le comique devient même carrément burlesque lors d'un final où les protagonistes s'affrontent à coup de tartes à  la crème tout en courant en accéléré façon Benny  Hill (certainement un proche de Fanny...). Un humour un brin convenu mais qui n'entame en rien la pétillance d'une œuvre aussi légère qu'une bulle de savon. Amusant et très enlevé, Le tour du monde de Fanny Hill sait aussi se montrer sexy, voire muy caliente, notamment lors d'une partouze relevée de quelques plans explicites. Une spécialité typiquement suédoise qui n'hésite pas à mélanger le soft avec le hard, anticipant ainsi sur la grande vague porno du milieu des 70's. Quelques années plus tard, le film est d'ailleurs caviardé d'inserts X et gagne au passage un nouveau titre : Une cavaleuse au corps chaud...

Et les fans de Christina Lindberg dans tout ça ? Et bien ils seront un peu déçu de voir leur actrice favorite dans un rôle anecdotique (celui de l'un des modèles de Roger). Réduite à faire de la figuration, l'une des merveilles du patrimoine mondial a juste le temps d'envoyer un doux baiser au spectateur pour le consoler. C'est déjà ça... Heureusement, la beauté mutine et l'entrain communicatif de Shirley Corrigan arrivent à nous faire oublier la présence bien trop discrète de notre Christina.  L'actrice principale a, quant à elle, le temps de composer un personnage d'une espièglerie désarmante. Transformée par son désir d'émancipation, la Fanny Hill incarnée par Corrigan est une sorte d'Emmanuelle joviale voyageant pour fuir la routine et se révéler à elle-même. Le regard malicieux et la blondeur étincelante de la comédienne sont en outre joliment captés par le directeur de la photo Mikael Salomon (oui, celui d'Abyss, Always, pour toujours et Arachnophobie), poste également occupé par Mac Ahlberg en temps normal. Car avant de s'installer à Hollywood pour y confirmer son statut de chef op chevronné (Re-Animator, HouseFrom beyond, Dolls, Prison, Innocent blood, Piège en eaux troubles, Le flic de Beverly Hills 3...), le réalisateur du Tour du monde de Fanny Hill a été la figure de proue de l'érotisme scandinave, l'un des grands maîtres du genre. On ne s'étonnera pas que le bouquin de Cleland ait aussi inspiré d'autres esthètes comme Russ Meyer (Fanny Hill, 1964), Joe Sarno (The young erotic Fanny Hill, 1971) et Tinto Brass (Paprika, 1991). Tout comme ces trois peintres de la chair, Mac Ahlberg sait raconter une histoire, diriger ses comédiens, soigner ses cadres et dompter la lumière. Vous en doutiez ? Vous ne devriez pas.

DVD disponible chez Bach Films.


L'ultra mimi Shirley Corrigan dans Le tour du monde de Fanny Hill :
un air coquin qui en dit long...

4 commentaires:

  1. Y a pas à dire, tu as le don de nous vendre les charmes de Scandinavie. Moi qui ne savais pas où passer mes vacances. Je suis même prêt à cavaler autour du monde derrière Fanny s'il le faut ;-)

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    1. Ton sens du sacrifice t'honore, divin prince :) Et comme je te comprends : une escapade avec Shirley Corrigan, Gaby Fuchs et Christina Lindberg ne se refuse pas... Je te souhaite donc de bonnes vacances, l'ami !

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  2. C'est toujours un plaisir de célébrer la fesse suédoise (et les autres d'ailleurs) avec toi Max. Maître es-fesse sur toute la planète :)

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    1. Merci Roggy. Comme tu le sais, c'est souvent la fête de la fesse, ici !

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