Thriller

Thriller

lundi 8 juin 2015

INGA...BONNE À TOUT FAIRE

 Maid in Sweden. De Dan Wolman.
États-Unis. 1969. 1h20.
Starring : Christina Lindberg, Monica Ekman & Krister Ekman 


Ceux qui n'ont pas pu être présents à l'escapade nantaise et parisienne de Christina Lindberg (c'était en février dernier), peuvent aujourd'hui se rattraper avec les nouvelles galettes de chez Bach Films. Parmi elles, au moins deux des trois titres de cette nouvelle vague "Sexploitation" concernent notre suédoise préférée : Le tour du monde de Fanny Hill et Inga...bonne à tout faire (reste le Nana, poupée d'amour interprété par Anna Gaël). Plus connu sous le blaze de Maid in Sweden, cet Inga (à ne pas confondre avec le Inga réalisé par Joe Sarno un an plus tôt) marque les débuts au cinéma de la miss Lindberg. À 18 ans, celle qui n'est encore qu'une lycéenne s'est déjà fait un petit nom en tant que modèle photo. Naturellement, sa beauté ne laisse pas longtemps indifférent le monde du 7ème art. En effet, la firme américaine Cannon jette très vite son dévolu sur la belle et l'embauche pour les besoins de Maid in Sweden. Une Cannon qui - à la fin des sixties - n'est pas encore rachetée par le duo Golan/Globus. Ne vous attendez donc pas à voir Christina jouer les vigilantes ninjas ou les maîtresses de l'univers (n'empêche, j'aurais bien voulu voir ça !). Pour l'heure, nous sommes en 1969, année érotique comme le prouve Inga...bonne à tout faire.  Une production étasunienne, tournée en anglais et fréquentée par un casting issu d'un pays très sexuellement libéré : la Suède.

L'histoire de Maid in Sweden se déroule donc sur les terres natales de Dolph Lundgren. La future icône vengeresse de Crime à froid revêt ici les frusques d'Inga, une ado timide qui ne s'éclate pas assez dans la vie. Lorsque sa sœur aînée Greta (Monica Ekman) l'invite chez elle à Stockholm, la jeune fille en profite pour fuir les diktats du foyer parental. La frangine crèche avec son petit copain Gasten (Krister Ekman, époux à la ville de Monica Ekman), un drôle de zig qui aime glander et faire la teuf. D'abord ennuyé par la présence de la cadette, le gazier va ensuite tenter de la décoincer un peu. Ainsi commence les expériences sexuelles d'Inga, une demoiselle bien sage mais qui ne va pas le rester bien longtemps... Le film de Dan Wolman possède la fraîcheur des premières fois. L'initiation amoureuse du personnage principal fait écho aux premiers pas de son interprète devant une caméra. L'inexpérience de la novice Christina Lindberg sert à merveille son rôle de nénette réservée mais au physique plus qu'avantageux. Il lui suffit de défaire ses couettes et d'enfiler une robe blanche au décolleté proéminent pour transformer l'étudiante timorée en bombe évanescente. Malgré une silhouette orgiaque, la Lindberg ne peut se résumer à son seul sex-appeal. Si notre regard parvient à monter jusqu'à son visage, on peut aussi remarquer cet air mélancolique parfois trahi par quelques sourires dévastateurs. Entre inquiétude et excitation, l'apprentie comédienne tisse une jolie composition de femme-enfant. Ou quand le désir fait grandir...

Car il faut bien que le corps exulte. Mais pas n'importe comment. La défloration d'Inga donne lieu à une scène dérangeante - pour ne pas dire contestable - dans laquelle la nymphe se fait violer et finit par y prendre du plaisir... Le genre d'instant borderline propre à son époque, comme le prouve aussi le sort similaire subi par Susan George dans le puissant Straw Dogs de Peckinpah (toute proportion gardée, bien évidemment). Brutal, à l'image de personnages masculins assez antipathiques (Gasten n'est finalement qu'un grand con ayant peu de respect pour Greta, sans oublier que le violeur en question est un pote à lui). Christina Lindberg est donc déjà malmenée, ce qui ne s'arrangera nullement par la suite avec des œuvres en général plus sombres qu'optimistes (attirée par un pervers dans La possédée, nymphomane paumée dans Anita, énuclée, violée et prostituée dans Thriller...). Pour autant, Maid in Sweden ne verse pas dans la noirceur totale et se veut avant tout un récit coquin et léger (bien qu'un peu maladroit, comme nous l'avons vu en début de paragraphe) sur le passage de l'enfance à l'âge adulte. Si Dan Wolman (crédité au générique sous le pseudo de Floch Johnson) n'a pas l'habileté technique d'un Mac Ahlberg ou l'à-propos thématique d'un Joe Sarno, il sait néanmoins valoriser la plastique de son actrice principale en la désapant à la moindre occase (voir notamment cette scène de douche shootée au ralenti et à travers laquelle se cristallise l'épanouissement charnel d'Inga). Le réal israélien, auteur en 1983 d'une adaptation italienne du Nana de Zola avec Annie Belle (mais pas dans le rôle-titre, dommage), a très bien compris que son film doit tout à la future grande Britt Christina Marinette Lindberg. Un authentique sex-symbol des glorieuses 70's qui - à la fin du tournage d'Inga...bonne à tout faire - décide de terminer ses études avant de devenir une comédienne à temps plein. Grand bien lui en a pris.

DVD disponible chez Bach Films.

Inga...bonne à tout faire : et Christina Lindberg devint comédienne...

6 commentaires:

  1. Je vois que la Suède se réchauffe, gare à la fonte des neiges... Très belle chronique mon ami, t'as pas ton pareil pour parler des films avec de jolies dames... Voir le visage de Lindberg, c'est pas donné à tout le monde, on a pas tous cette force! ;)

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    1. Merci l'ami ! C'est vrai que c'est pas facile de se focaliser sur le si doux visage de Christina Lindberg... Et pourtant, son corps de rêve ne peut effacer la tristesse de son regard... C'est ce qui la rend très attachante, je trouve.

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  2. Du Cannon d'avant l'ère Golan-Globus, voilà qui est... Quasiment inconnu ? En tout cas belle déception moi qui pensais au début que le film déraillerait très vite. En tout cas, voilà un beau retour sur un film qui doit être pas mal oublié de tous.

    (par contre ça manque de belles images pour faire baver sur le.. talent de l'actrice principale).

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    1. Salut Dreampunk ! Oui, c'est un fait plutôt méconnu : la Cannon était déjà en activité avant son rachat en 1979 par Golan et Globus. Mais comme nous le savons tous, c'est seulement dans les 80's que la firme rentrera dans la légende... Cela dit, si tu aimes l'érotisme européen des 60's/70's, tu devrais trouver ce Maid in Sweden à ton goût. Un bien joli film avec une Christina Lindberg désarmante de charme et de naturel. Et désolé pour les photos, j'aurais dû être moins sobre à ce niveau là, c'est vrai !

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  3. Décidément ton amour inconsidérée pour la belle suédoise transpire à chacune de tes très belles chroniques toujours aussi inspirées. Tu es certainement son plus grand fan... et son meilleur ambassadeur.

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    1. Merci Roggy mais c'est trop d'honneur, je ne suis qu'un admirateur parmi tant d'autres ! En tout cas, ton commentaire me fait très plaisir... Passe un bon week-end, l'ami !

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